12 septembre 19 – De Culpina K à Alota – 46 km (4444 km) – J162

Difficile de raconter cette journée de la même manière que toutes les autres… Elle a été très difficile, surtout mentalement… Nous sommes vidés ! Mais pour que vous compreniez mieux, revenons à ce matin…

Le réveil sonne à 06h00. Papa se lève, motivé pour cette journée. Il allume le réchaud, enfin… Il essaye de l’allumer, il est de nouveau encrassé. Il le nettoie et l’allume. Le réchaud s’éteint. Nouveau nettoyage et allumage. La flamme est toute petite et va en diminuant. Impossible de faire chauffer de l’eau. Maman va voir la concierge pour savoir s’il est possible de faire de l’eau chaude, elle nous prête son gaz. Au moins, nous pouvons déjeuner ! Par contre, nous avons perdu beaucoup de temps…

Nous finissons de manger quand les élèves commencent déjà à arriver. Heureusement, nous ne sommes pas dans une salle de classe. Martin et Lucas vont jouer avec les autres enfants dans la cour, Papa et Maman terminent de tout ranger. Nous partons aux alentours de 09h15. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas de vent !

Nous récupérons la route en construction, malheureusement, peu de temps après, une tranchée nous barre le passage, nous devons faire un petit détour…

Nous roulons de nouveau quelques mètres quand un dilemne se pose à nous. La piste semble mouillée mais moins boueuse qu’hier. Sur le côté en hauteur, il y a un passage. Maman tente par le haut mais c’est sableux. Papa décide de passer en bas, pour lui, le sol a l’air bien dur. Maman redescend pour le suivre. Nous réussissons à avancer mais comme hier, la boue se glisse sur le garde-boue. Fin de la section, il nous faut nettoyer. Ça va vite pour Diabolo, c’est beaucoup plus long pour Satanas…

Maman et Martin repartent devant, terminent une montée et attendent Papa et Lucas qui n’arrivent pas… Maman finit par aller voir à pied. Ils sont très loin ! Ils ont du refaire un coup de nettoyage et Nathalie, l’américaine que nous avions rencontrée à la fin du Pérou les a rattrapés, ils discutent. Tout va bien, c’est déjà ça ! Tout le monde repart.

Petite descente, Papa s’arrête. Sa roue arrière est encore gênée par la boue. Nous la démontons afin de mieux nettoyer. Il aurait fallu faire ça dès le début, nous aurions gagné du temps.

C’est reparti. Nous prenons la déviation. Un peu de sable mais ça passe. De nouveau Maman et Martin sont devant. Le dernier passage sableux terminé, ils attendent, ils ont Papa et Lucas dans leur champ de vision mais ne comprennent pas trop pourquoi ils n’avancent pas. Ça y est, ils repartent ! A leur arrivée, il s’avère que Satanas a perdu une vis de son porte-bagage avant ! Papa a retrouvé la vis mais pas l’écrou. Il va falloir en récupérer un dans le sac sous le vélo. C’est décidé, il est temps de faire la pause déjeuner et d’inspecter tous les serrages.

Nous avons fait environ 17 kilomètres en presque 3 heures alors que la route est presque plate, voire en grande partie en descente. Quelle horreur ! Pour couronner le tout, le vent se lève…

Pause déjeuner terminé, écrou changé. Nous pouvons nous remettre en selle. Manque de chance, un camion passe pour mouiller la route. Non !!! Pas de la boue !!! Ouf, nous pouvons passer sur le côté et le doubler.

Nous roulons un bon quart d’heure avec le vent contre nous quand Papa double Maman. Mais, le duffle n’est pas attaché et il manque un tendeur ! Il a dû oublier de les rattacher là où nous avons fait la pause de midi. Ce n’est pas possible… Papa décharge tout, repart en sens inverse. Le reste de la famille attend. Papa arrive à destination, petit problème, le chantier a progressé, les machines ont ramené de la terre et l’ont étalé. Le retour se fait dans la boue, quelques arrêts nettoyage plus tard, Papa rejoint la famille. Nous pouvons faire une croix sur le tendeur. Nous en trouvons un autre au fond du sac, il fera l’affaire.

Nous repartons encore une fois. Et remarquons qu’il manque une bouteille d’eau sur le vélo de Maman. Elle doit être sagement posée à l’école depuis ce matin. Décidément, ce n’est pas notre journée, et nous nous demandons ce qu’il va nous arriver ensuite… Le vent souffle toujours fort, de face ou trois-quarts face. Par moment, il se calme un peu. Nous voyons des vigognes sur le bord de la route.

Il est 16h00, nous n’en pouvons plus et décidons de faire une pause. Encore 13 kilomètres avant Alota. Avec ce vent, il va nous falloir un sacré moment, peut-être une heure et demie. Mais nous avons envie d’en finir avec cette route et voulons avancer jusqu’au prochain village.

Pour vous aider à imaginer ce que nous vivons, nous sommes plus ou moins sur du plat, sur un sol ferme, parfois lisse parfois légèrement ondulé, petit plateau, grand pignon et nous luttons pour atteindre les 8 km/h, parfois même 7… Le vent nous casse les oreilles. Maman, qui a une sorte de rhume depuis deux jours, a mal aux sinus quand ça souffle beaucoup. Le vent, ça rend fou… Il faut le vivre pour le comprendre. Nous avons laissé nos cerveaux au fond de nos sacoches pour continuer d’avancer. Malgré tout, à 5 km de la fin, Maman craque. Les nerfs lâchent. Elle pleure, crie, a envie de jeter Diabolo sur le bord de la route. Papa la console, Martin aussi. Elle se remet en route et donne tout pour que ça s’arrête au plus vite. Les paysages sont pourtant magnifiques, mais là, nous ne les regardons plus.

Dernière toute petite côte et voilà Alota au loin ! Youpi, nous y sommes presque !

Nous arrivons en ville, nous dirigeons vers l’école. Il y a beaucoup de monde dans le gymnase attenant. Au début la gardienne ne veut pas nous ouvrir une pièce puis c’est avec l’aide d’une personne rencontrée à notre arrivée que Papa parvient à la convaincre. L’endroit n’est pas génial mais au moins, nous sommes à l’abri.

Nous nous installons, Papa nettoie le réchaud pendant que Maman installe le matos pour dormir. Il va pour l’allumer et c’est l’échec. Impossible. Il le démonte et nettoie plusieurs fois sous toutes les coutures, toujours rien à faire, le réchaud se rebouche immédiatement. De nouveau, Maman broie du noir. Cette poisse ne s’arrêtera donc jamais ? Les enfants ne savent pas trop ce qui se trame, ils jouent dans le gymnase avec les enfants du village. A leur retour, Papa finit par changer l’injecteur par un neuf mais plus étroit (c’est tout ce que nous avons) et ça y est, le feu fonctionne ! Il aura quand même fallu une heure ! Pendant que le repas chauffe, Papa tente de décrasser intégralement l’injecteur, jusqu’à ce qu’il brille comme neuf, pour le remettre demain, car celui mis en rechange est voué à se boucher très vite…

Nous mangeons vite fait nos pâtes, les enfants vont se coucher (il est déjà plus de 21h00). Les parents terminent les derniers trucs à faire et vont se coucher en espérant que demain se passera mieux qu’aujourd’hui…

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6 réponses

  1. Papy Christian dit :

    il y a des jours avec et des jours sans…
    ça va revenir un peu de patience et tout va aller mieux.
    bisous bisous 😘😘😘😘
    💖💖💖💖
    papy Christian

  2. Mamie dit :

    Courage à vous les enfants les beaux jours vont arrivés comme dit papa il y a des jours avec des jours sans ne baisser pas les bras les enfants soyez fort.
    Gros bisous
    Mamie 😘😘❤❤❤

  3. Papy Christian dit :

    bonne nouvelle pour Richard…
    tu as récupéré tous tes points sur ton permis de conduire… comme quoi ça aide d’aller à vélo 🤣🤣🤣

  4. Pleins de courage pour la suite, ce que vous faites est tellement énorme!!!

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